Le libre accès au Canada

Libre-accesÀ l’occasion de la Semaine internationale du libre accès, nous avons le plaisir de partager avec vous une synthèse des résultats d’une recherche récente sur le libre accès au Canada effectuée par notre directeur scientifique, Vincent Larivière (professeur à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante) et par Virginie Paquet (étudiante à la maîtrise en sciences de l’information à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal).

Leur analyse, effectuée à partir de la base de données Dimensions.ai en avril 2020, permet de découvrir trois grandes tendances qui se dessinent autour du libre accès au Canada, au cours de la période couvrant les années 2015 à 2019.

1. Le facteur linguistique

1. Le facteur linguistique

Figure 1. Pourcentage d’articles canadiens en libre accès, selon le type et la langue de l’article, 1995-2019.

Les articles publiés en français sont davantage diffusés en libre accès que ceux publiés en anglais. La quasi majorité de ces articles sont offerts depuis la plateforme erudit.org, dont la politique de diffusion est conforme à la Politique des trois organismes sur le libre accès.

Toutefois, alors que la proportion d’articles diffusés en libre accès demeure plutôt stable en français, celle des articles en anglais est en augmentation constante depuis le début des années 2000.

2. D’importantes différences entre les institutions

Figure 2. Pourcentage d’articles en libre accès, selon le type, pour les institutions canadiennes ayant mené plus de 2000 articles, 2015-2019

Figure 2. Pourcentage d’articles en libre accès, selon le type, pour les institutions canadiennes ayant mené plus de 2000 articles, 2015-2019.

Les chercheurs des universités québécoises, au premier rang desquelles l’Université de Montréal, l’Université Laval, l’Université McGill et l’Université de Sherbrooke, ont publié un pourcentage d’articles en libre accès supérieur à la moyenne nationale, alors que les institutions les plus actives dans le domaine des sciences naturelles et du génie (Waterloo, Concordia, Polytechnique et Ryerson), ont un pourcentage de libre accès vert beaucoup plus important.

3. D’importantes différences disciplinaires 

Figure 3. Pourcentage d’articles en libre accès, selon le type, pour les principaux organismes subventionnaires canadiens, 2015-2019 (gauche); pour les trois principaux organismes subventionnaires fédéraux, 2005-2019 (droite).

Figure 3. Pourcentage d’articles en libre accès, selon le type, pour les principaux organismes subventionnaires canadiens, 2015-2019 (gauche); pour les trois principaux organismes subventionnaires fédéraux, 2005-2019 (droite).

Alors que plus de 60 % des articles financés par les organismes subventionnaires du domaine de la santé sont disponibles en libre accès immédiat (Santé publique du Canada, Génome Canada, Michael Smith Foundation, IRSC et FRQ-S), une majorité de ceux rattachés aux sciences naturelles, aux sciences humaines et sociales, et aux arts et humanités demeurent pour leur part en accès restreint, le plus souvent sous embargo de douze mois (Figure 3, gauche).

Sur une plus longue période, on note cependant une progression du libre accès pour toutes les disciplines (Figure 3, droite), passant de 43 % en 2005 à 63 % pour les IRSC (2016), de 24 % à 41 % pour le CRSNG (2017) et de 14 % à 30% pour le CRSH (2016).

 


Références :


Les résultats de cette étude ont été publiés par le magazine de l’Acfas et sont consultables à cette adresse.

Cette synthèse a été rédigée par l’équipe Recherche d’Érudit.