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Mobiliser les connaissances au profit des communautés scientifiques

Photo de Lucia sur fond rouge

En plus de notre plateforme et des articles qu’elle dissémine, Érudit est une infrastructure numérique dont la vaste gamme de service contribue à soutenir la publication savante ouverte au Canada. Mais qu’est-ce que ça signifie, concrètement ?

Ce billet de blogue est le deuxième d’une série visant à présenter une poignée de membres qui composent notre équipe et le travail que ces personnes réalisent au quotidien. Aujourd’hui, on braque les projecteurs sur Lucía Céspedes !

En quelques lignes, comment décrirais-tu ton rôle chez Érudit ?

Je suis conseillère à la recherche, spécialisée dans les domaines de la communication savante, du libre accès, du multilinguisme et des enjeux sociolinguistiques du monde scientifique. J’étudie particulièrement l’évolution des pratiques éditoriales dans le contexte de la croissance de l’ouverture de la science sous tous ses aspects.

Pourrais-tu nous décrire une journée-type chez Érudit ?

Je n’ai pas de journée-type, et c’est ça que j’aime de mon travail !

Dans l’environnement tellement dynamique où on se trouve, au milieu des transitions technologiques et politiques, il est important qu’on reste à l’affût des dernières connaissances liées aux intérêts des revues, des chercheur·euse·s et des fournisseurs d’infrastructures, comme Érudit. Toutes ces informations nourrissent nos propres projets, qui concernent notamment la visibilité de la science en français, la caractérisation des publications savantes canadiennes, les défis du passage au libre accès et l’adoption d’outils numériques novateurs pour la gestion éditoriale.

Avec l’équipe de recherche, on fait des entretiens et des sondages, on consulte et analyse des données, on discute de l’applicabilité de ces découvertes dans notre contexte, et on cherche les meilleures façons de mobiliser ces connaissances au profit des communautés des sciences sociales et humaines, par exemple, sous la forme des rapports ou articles, ou lors d’événements comme des conférences ou webinaires.

En tout temps, j’essaie d’apporter des perspectives latino-américaines aux discussions en milieu canadien, afin de rapprocher ces deux régions assez différentes, mais qui partagent des préoccupations similaires.

J’aimerais souligner aussi que tout parcours de recherche est fait en équipe ; selon le sujet, on enrôle l’aide et la collaboration précieuse des collègues chez Érudit, parce que la recherche appliquée ne peut jamais se faire en silo. Dans ce contexte, je collabore au nom d’Érudit avec d’autres équipes et entités de recherche, comme la Chaire UNESCO sur la Science Ouverte, la Chaire de recherche du Québec sur la découvrabilité des contenus scientifiques en français, le Scholarly Communications Lab ou le Réseau Circé.

Quel projet auquel tu as récemment contribué te rend particulièrement fière ?

Avec des collègues du Réseau Circé, nous venons de faire une révision narrative de la littérature au sujet des pratiques d’évaluation par les pairs, tout en se concentrant sur l’évaluation ouverte. On a rassemblé un corpus de publications multilingues pour synthétiser les concepts clés, les défis et le potentiel de cette pratique encore émergente, mais graduellement adoptée par de nombreuses revues autour du monde. Nous avons aussi mené un sondage auquel 134 éditeur·trice·s de revues savantes québécoises et canadiennes ont répondu. L’objectif est de guider la mise en œuvre de modalités alternatives d’évaluation de manière appropriée aux contextes, disciplines et ressources de chaque revue. Nous espérons que notre rapport final sera publié cet hiver !

Quel a été ton parcours avant d’arriver chez Érudit ?

À mon entrée à l’université, en Argentine, j’étudiais deux matières en parallèle : la communication sociale et l’anglais. Au fil des années, j’ai décidé de me consacrer à la recherche en communication. J’ai obtenu mon diplôme dans ce domaine, et j’ai poursuivi une spécialisation en communication publique de la science et journalisme scientifique. Ensuite, j’ai tourné mon attention vers la sociologie de la communication savante, c’est-à-dire, les voies de communication dans le champ scientifique. Mais mon amour pour les langues est toujours resté ! Ma thèse de doctorat en études sociales de l’Amérique latine portait sur l’espagnol et le portugais comme langues scientifiques, et les pratiques linguistiques des chercheur·euse·s hispanophones et lusophones en Argentine et au Brésil.

Dès que je suis arrivée chez Érudit, j’ai placé la science en français au centre de mes recherches, et je suis heureuse d’avoir ajouté cette belle langue à mon propre répertoire linguistique.

Avant de nous quitter, peux-tu nous recommander des articles, ou des livres, qui te tiennent à cœur ? 

L’article « The Oligopoly of Academic Publishers in the Digital Era », de Vincent Larivière, Stefanie Haustein et Philippe Mongeon a été un de mes premiers contacts avec la réalité de l’écosystème global des publications savantes.

Aussi, La supremacía del inglés en las ciencias sociales (La prédominance de l’anglais dans les sciences sociales), du sociologue brésilien Renato Ortiz, est l’une de ces œuvres à laquelle je reviens encore et toujours, et qui me donne chaque fois de nouvelles pistes de lecture fascinantes !